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Voyageur sans bagage
Où mon voyage trouve une clairière
Depuis quelques jours, je m'amuse à suivre des chemins de blogs. De blog en blog, je voyage sur des terres connues ou inconnues, je découvre des mots et des images que j'aime, d'autres que je n'aime pas. Il y a de tout sur la toile. Poncif s'il en est. Aujourd'hui, en partant de la Principauté, j'ai fait étape dans une confiserie et j'ai atterri devant une drôle de porte.
Je suis entrée sans frapper et me suis baladée. Direct sculpture. J'ai toujours été nulle en dessin, mais il y a quinze ans, dans mon petit collège du bout du monde, Ginny Walden m'a mis un morceau de pierre à savon (stéatite), une rape et du papier de verre entre les mains et j'ai passé des heures entières, assise sur la pierre de son jardin, une bassine pleine d'eau à mes pieds, à poncer et polir cette matière magique qui avec l'effort et la patience passe du gris au noir.
Bref. Je tombe donc dans la section sculpture du site pré-cité (faites gaffe, y'a des frames et avec le lien direct, vous perdez la navigation). Et surtout sur cette sculpture, qui existe aussi en bronze. Les mots me manquent. La simplicité de cet homme aux valises me bouleverse. Étonnament, ça me rappelle la pièce de Jean Anouilh, Le Voyageur sans bagage, qui a marqué ma vie de lectrice et ma vie de femme. Déracinée, enracinée, avec la peur d'être toujours en fuite et l'espoir de commencer ailleurs.
Tiens, je me sens toute bête là, je ne sais plus quoi dire. Je n'ose même pas aller voir les dessins de ce monsieur, de peur de rompre le charme. Merci aux étapes du voyage.
PS: L'homme est aussi ici (en couleurs, j'aime moins) et là (j'aime bien)
vendredi 24 février 2006 à 01:28 in L'air du temps :: #61 :: rss

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