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Mot-clé - sabliers givrés

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vendredi 16 janvier 2009

Je sens que ça va attirer les spammeurs, ce billet

Puisqu’un (ou une) internaute est arrivé(e) ici en tapant dans son moteur de recherche favori « comment se faire dévierger + image », je vais me permettre de donner quelques conseils à ce sujet, afin que les suivants qui viendraient par le même chemin ne soient pas déçus.

D'abord, soyons franche, je ne connaissais pas le mot dévierger. Je le comprends, einh, faut pas exagérer, mais je connaissais pas. Donc j'ai cherché un peu sur Googueule, juste comme ça. Il semble que ce soit un mot français du Québec. Pour le verbe dépuceler (ça, c'est au cas où il y en aurait qui ne comprendraient pas), qui est le mot français de France.

Nondidjou que c'est difficile d'écrire un billet sur un sujet pareil, j'ai commencé c't'aprem et j'ai pas avancé d'un pouce, du coup j'empiète sur le prochain sablier. La difficulté du truc, en fait, c'est l'image. Ouais, des images, j'en ai plein la tête (et non, je ne vous dirai pas lesquelles) mais aucune qui se rapporte au verbe dévierger. Parce que c'est un truc que chacunE vit à sa manière. Les premières fois. Ce sont toujours des premières fois. Que ce soit en amour, en cuisine, en saut en parachute, en sexe, en ou en patin à roulettes[1]. Parfois on se casse la gueule, mais ça doit pas empêcher de recommencer. Parfois c'est top géant magique divin sublime et on n'a qu'une envie, c'est de recommencer. Parfois ça a mauvais goût et on fait bien de ne pas en reprendre. Bref, y'a pas de recette, ni magique ni bien dosée. Et surtout, j'ai pas d'image.

Ah, un truc. Comme d'autres l'ont dit sur le sujet, on "se fait" pas dévierger. On prend la décision un jour de tenter quelque chose pour la première fois. Et puis, si possible, on essaie de réunir les conditions et les ingrédients pour que ce soit plutôt le plan "j'en reprendrai bien un peu quand même".


Ce texte est ma participation (tardive) aux Sabliers Givrés, grain 4 sur une amorce choisie par Kozlika sur le blog Finis Africae.

Notes

[1] La recherche sur Gougueule pour première fois est un peu décevante. Je m'attendais à une ribambelles de première fois dans tous les domaines, un peu à la Philippe Delerm et sa PRemière gorgée de bière. C'est pas vraiment ça.

mercredi 14 janvier 2009

Les gens qui se croient indispensables auront de grosses déceptions ce jeudi

Oups, ça fait bizarre, non ? Avant, il me parlait de mon succès assuré en amour, de mon impatience coupable au travail, de mes relations sociales assymétriques et là, une citation sur les gens qui se croyaient indispensables. Mon horoscope du mercredi n'est plus ce qu'il était. Non, vraiment, lui qui tombait toujours si juste, voilà qu'il se met à me critiquer, comme ça, tout d'un coup, sans crier gare.

Les gens qui se croient indispensables auront de grosses déceptions ce jeudi.

Ouais, bon, je ne me crois pas vraiment indispensable. Juste utile. Si Jean-Pierre ne m'avait pas, il serait au fond du trou, je crois. Et puis sans moi, je n'ai pas peur de le dire, notre boîte aurait coulé depuis longtemps. C'est d'ailleurs pour ça qu'ils me gardent, ils me l'ont bien fait comprendre. Et Sophie ? Que deviendrait Sophie sans moi ? Je l'imagine errant dans ses relations sociales assymétriques à elle sans espoir de s'en sortir.

Mais bon, personne n'est indispensable. Je le sais bien. Non, parce que, le succès assuré en amour, c'est bon, je l'ai eu. Mon impatience coupable au travail - ou ailleurs, d'ailleurs -, c'est avéré. Mes relations sociales assymétriques, j'ai toujours pas très bien compris ce que ça voulait dire, mais je pense que c'est bien moi ça, rien n'est facile dans ma vie sociale. Taureau ascendant Sagittaire, sous la lune et Jupiter. Pas facile de vivre avec un tel bagage.

Indispensable ? Quand même... je sais pas. Bon, au cas où, demain, je vais faire gaffe. Des fois que.


Ce texte est ma participation aux Sabliers Givrés, grain 3 sur une amorce choisie par saperli.

Place des Vosges

Place des Vosges - © Nick Stenning - CC-BY-SA Lundi, je fus pris d’un grand coup de blues. Alors je suis allé faire un tour du côté de mes balades adolescentes. J'ai pris mon carnet, mon stylo plume et suis descendu me perdre dans Paris.

Je me revois encore à l'époque, déguingandé, mon corps hésitant entre le chérubin moelleux de l'enfance et la force saine de l'âge adulte. J'étais tout en bras et en jambes mais mes joues ne désenflaient pas. Je partais dans Paris, avec l'espoir un peu vain de trouver quelque chose à raconter dans mon journal moleskine, ou mieux encore, quelqu'un qui aurait fait attention à moi l'espace d'un instant. Je me repaissais des femmes aux longues jambes et jupes droites qui arpentaient les rues du 6e, je vibrais au son des musiques qui émanaient des fenêtres du 20e, je lisais Le Bossu de Notre-Dame assis près de la Seine, il me suffisait de lever la tête pour apercevoir les tours de Notre-Dame. Je flânais dans les allées du Luxembourg ou sur la Place des Vosges où je me demandais ce qu'il fallait faire de sa vie pour arriver à habiter l'une des maisons qui l'encadrent.

Je marchais des heures entières, sans jamais prendre le métro ni aucun bus. Lorsqu'il faisait trop chaud, je m'engouffrais dans une salle de cinéma pour me goinfrer d'émotions à l'américaine au frais dans les salles obscures. Je mangeais des popcorns ou un croissant acheté chez Paul, seule entorse que je permettais à mon budget d'étudiant.

J'ai marché jusqu'à l'Hôtel de Ville, ai traversé la Seine pour dire bonjour à Notre-Dame, ai flâné dans le quartier latin. Les femmes ont gardé leurs longues jambes mais elles ne m'émeuvent plus comme avant. J'ai pris le Pont Neuf pour accéder à la Cour Carrée du Louvre. J'ai enfilé le Jardin des Tuileries et ai remonté l'Avenue des Champs Elysées. Arrivé près de l'Etoile, j'ai acheté un billet pour un film d'art et d'essai qui passait au Balzac, un croissant de chez Paul à la main. Paul fait les mêmes croissants, ils coûtent quatre fois plus cher qu'à l'époque et ne sont pourtant plus un objet de luxe pour mon budget de cadre supérieur. J'habite Place des Vosges et qu'ai-je fait de ma vie ?


Ce texte est ma participation aux Sabliers Givrés, grain 2 sur une amorce de Zub dans le billet Nostalgie choisie par Malgven.

Crédits photo : Place des Vosges, Nick Stenning - CC-BY-SA