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mercredi 8 mai 2013

...Fertig...Los!

So. I've been challenged. Alice read my "obsolètes à prise rapide" and decided she'd play along. The obsolètes don't translate well, unfortunately, as they are issued from a dictionary of obsolete French words that machine translation does not know. But the definitions look funny in German. And in English too, actually.

The whole thing has originated sometime last year, where a bunch of French bloggers started doing the "366 réels à prise rapide", creative writing exercise along the lines of Raymond Queneau's Exercices de Style. Franck Paul then started the Obsolètes à prise rapide, along the same idea, but with obsolete French words. I love it that Alice plays along, the addition of a non-French speaker to the game makes it even more interesting!

mercredi 3 avril 2013

Itching

For a few weeks, my friend Consu has started putting her Art online. Maybe it has been longer than that, but I've only noticed it a few weeks ago. Her experiment wakes waves of longing in me. Itching for words, a pen in my hand, the sun in my face and that bloody Spring which just has decided to stay away. Today is a gray day, My son is playing in the living room, with his usual casual "I play all by myself and I love it" kind of way. He keeps saying, a litany of funny "Ça va pas la tête !" ("Are you crazy or what?" is the closest translation I come up with) and just made a train with two firetrucks which are putting out some fire somewhere.

I could write about my kids, they are growing so fast and are so beautiful. I could write about my not so great business adventures (a failure of my own doing, which I still need to process to make it not-so-failing), I could even write about writing (or not writing for that matter). I'm just not taking the time. And it's really about "taking the time", rather than "having the time". I've always said that reading, for example, is stolen time. I suppose writing time is exactly the same, stolen time. Time that you don't have. It's the "active" part of writing that I find so difficult. I need hours on end to come up with two sentences I like. And too many languages spoil the broth, as the saying goes. I'm always thinking of the audience and my audience (if I can call it that?) speaks too many languages. Even my son right now is stuck within two languages and switches, as he tells his firetruck story, between German and French (which, by the way, is simply fascinating).

I just wanted to break the silence. Wether it's for a minute or for a longer time, time will tell. Be good, take care.

samedi 23 avril 2011

J'ai mal au clavier

Depuis quelques semaines (mois ?) maintenant, la plume me démange. La plume, la vraie. Il y a vingt ans, j'aurais pris mon stylo-Waterman-à-l'encre-bleu-noir et j'aurais écrit une lettre sans queue ni tête à celle-qui-se-reconnaîtra pour lui dire le soleil du printemps qui s'incruste, mes pensées du jour et mes délires de la nuit.

Il y a vingt ans, cependant, je n'aurais pu dire la fatigue liés aux pleurs incessants de mon enfant malade, ou la peur, celle qui tire des larmes, d'être une mauvaise mère parce que je ne sais pas calmer mon enfant qui, ayant fait l'impasse de la sieste, hurle de colère et de fatigue. Il y a vingt ans, je n'étais pas mère.

Mais là n'est pas mon propos, si propos il y a. J'ai des envies de mots. Des envies de retrouver ce moment magique où d'une pichenette on fait tomber le premier mot qui entraîne, en réaction en chaîne, le poème, la lettre, la prose, la nouvelle et qui sait... le roman. Ce flot simple, évident, plein de heurts, d'obstacles et de secousses mais dont le seul but, tel un ruisseau de montagne se jouant des courbes de niveau, est d'arriver à la mer, par les méandres des rivières et des fleuves.

J'ai coutume de dire que la lecture est du temps volé. Du temps que l'on n'a pas mais que l'on prend sur tout le reste. Écrire, raconter, bleu-noir sur page blanche, est aussi du temps volé. Mais c'est beaucoup de temps volé. On peut lire à la sauvette, entre la poire et le fromage, dans le bus ou la salle d'attente ou juste avant de s'endormir. Quelques lignes, quelques pages. Écrire, en revanche, demande (me demande) du calme. La plume bleu-noir veut son lot de cigarettes, de musique parfois, de flamme vacillante d'une bougie qui menace de s'éteindre à chaque coup de vent. L'écriture ne supporte pas d'être pressée, de regarder sa montre en se disant qu'il ne lui reste qu'une heure, une minute, une seconde.

Alors je tape. Ici, en passant, rarement, trop rarement. Et j'ai mal au clavier, car il lui manque la rature, la larme qui dissout l'encre et fait d'un "e" un nuage. J'ai la tête trop pleine et ne sais plus prendre le temps, ce temps volé.

dimanche 19 avril 2009

Lignes de faille (roman)

Je viens de finir le roman de Nancy Huston Lignes de faille et j'avais envie d'en parler ici. D'abord parce que Nancy Huston est un écrivain que j'aime énormément et ensuite parce que je suis dans une période de lectures en français, ce qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps.

Il faut d'abord savoir que Nancy Huston est anglophone et qu'elle écrit en français, ce qui pour moi revêt un charme particulier. J'ai lu dans les dernier mois ses romans L'empreinte de l'ange que j'ai trouvé fabuleux et Cantique des plaines, une fresque historique sur le mode pseudo-autobiographique très intéressante. Lignes de faille, cependant, m'a laissé un goût étrange dans la bouche et j'avais envie de le partager.

Le roman est construit en quatre parties, dans lesquelles quatre enfants de six ans racontent un pan de leur vie et de l'Histoire. Il s'ouvre sur la voix de Sol, gamin américain de six ans dans la société d'aujourd'hui et remonte le temps et la famille, en donnant la parole à Randall, père de Sol, à sa grand-mère Sadie et à son arrière-grand-mère Kristina/Erra.

La voix de Sol est, étonnamment, celle qui m'a le plus dérangée. Peut-être parce que ce qu'il décrit est plus proche de moi (historiquement), mais aussi je crois parce que j'ai eu du mal à accrocher au fait qu'un enfant de six ans puisse dire les choses que Sol raconte. Au fil de l'histoire pourtant, Nancy Huston réussit le tour de force de rendre plus que crédibles ces voix d'enfants, leurs analyses bancales et pourtant pleines de justesse du monde qui les entoure.

Le mécanisme qui consiste à remonter le temps par le biais de ces enfants donne à chaque histoire un éclairage a posteriori extrêmement puissant, qui donne au roman dans son ensemble une continuité toute particulière. Chaque enfant parle du suivant (dans le sens du roman), livrant à rebours les raisons de leurs actions d'adultes. Cela permet d'arriver à la voix de Kristina (l'arrière grand-mère) avec une idée déjà assez complète de ce qu'a été sa vie.

Chaque voix d'enfant éclaire aussi à sa manière la vie des suivants (dans la chronologie de l'histoire), ce qui permet a posteriori d'analyser différemment leurs actions d'enfants de six ans. On comprend mieux Kristina en l'ayant vu évoluer dans le monde de son arrière-petit fils, celui de son petit-fils et celui de sa fille, comme on comprend mieux Sol à la fin du roman en ayant compris son père, sa grand-mère et son arrière-grand-mère.

C'est un roman complexe [1] et fort, que je recommande, comme tous les écrits de Nancy Huston.

Notes

[1] le seul mot qui me vient pour qualifier ce roman est "intricate" et je n'arrive pas à le traduire en français

vendredi 16 janvier 2009

Je sens que ça va attirer les spammeurs, ce billet

Puisqu’un (ou une) internaute est arrivé(e) ici en tapant dans son moteur de recherche favori « comment se faire dévierger + image », je vais me permettre de donner quelques conseils à ce sujet, afin que les suivants qui viendraient par le même chemin ne soient pas déçus.

D'abord, soyons franche, je ne connaissais pas le mot dévierger. Je le comprends, einh, faut pas exagérer, mais je connaissais pas. Donc j'ai cherché un peu sur Googueule, juste comme ça. Il semble que ce soit un mot français du Québec. Pour le verbe dépuceler (ça, c'est au cas où il y en aurait qui ne comprendraient pas), qui est le mot français de France.

Nondidjou que c'est difficile d'écrire un billet sur un sujet pareil, j'ai commencé c't'aprem et j'ai pas avancé d'un pouce, du coup j'empiète sur le prochain sablier. La difficulté du truc, en fait, c'est l'image. Ouais, des images, j'en ai plein la tête (et non, je ne vous dirai pas lesquelles) mais aucune qui se rapporte au verbe dévierger. Parce que c'est un truc que chacunE vit à sa manière. Les premières fois. Ce sont toujours des premières fois. Que ce soit en amour, en cuisine, en saut en parachute, en sexe, en ou en patin à roulettes[1]. Parfois on se casse la gueule, mais ça doit pas empêcher de recommencer. Parfois c'est top géant magique divin sublime et on n'a qu'une envie, c'est de recommencer. Parfois ça a mauvais goût et on fait bien de ne pas en reprendre. Bref, y'a pas de recette, ni magique ni bien dosée. Et surtout, j'ai pas d'image.

Ah, un truc. Comme d'autres l'ont dit sur le sujet, on "se fait" pas dévierger. On prend la décision un jour de tenter quelque chose pour la première fois. Et puis, si possible, on essaie de réunir les conditions et les ingrédients pour que ce soit plutôt le plan "j'en reprendrai bien un peu quand même".


Ce texte est ma participation (tardive) aux Sabliers Givrés, grain 4 sur une amorce choisie par Kozlika sur le blog Finis Africae.

Notes

[1] La recherche sur Gougueule pour première fois est un peu décevante. Je m'attendais à une ribambelles de première fois dans tous les domaines, un peu à la Philippe Delerm et sa PRemière gorgée de bière. C'est pas vraiment ça.

mercredi 14 janvier 2009

Les gens qui se croient indispensables auront de grosses déceptions ce jeudi

Oups, ça fait bizarre, non ? Avant, il me parlait de mon succès assuré en amour, de mon impatience coupable au travail, de mes relations sociales assymétriques et là, une citation sur les gens qui se croyaient indispensables. Mon horoscope du mercredi n'est plus ce qu'il était. Non, vraiment, lui qui tombait toujours si juste, voilà qu'il se met à me critiquer, comme ça, tout d'un coup, sans crier gare.

Les gens qui se croient indispensables auront de grosses déceptions ce jeudi.

Ouais, bon, je ne me crois pas vraiment indispensable. Juste utile. Si Jean-Pierre ne m'avait pas, il serait au fond du trou, je crois. Et puis sans moi, je n'ai pas peur de le dire, notre boîte aurait coulé depuis longtemps. C'est d'ailleurs pour ça qu'ils me gardent, ils me l'ont bien fait comprendre. Et Sophie ? Que deviendrait Sophie sans moi ? Je l'imagine errant dans ses relations sociales assymétriques à elle sans espoir de s'en sortir.

Mais bon, personne n'est indispensable. Je le sais bien. Non, parce que, le succès assuré en amour, c'est bon, je l'ai eu. Mon impatience coupable au travail - ou ailleurs, d'ailleurs -, c'est avéré. Mes relations sociales assymétriques, j'ai toujours pas très bien compris ce que ça voulait dire, mais je pense que c'est bien moi ça, rien n'est facile dans ma vie sociale. Taureau ascendant Sagittaire, sous la lune et Jupiter. Pas facile de vivre avec un tel bagage.

Indispensable ? Quand même... je sais pas. Bon, au cas où, demain, je vais faire gaffe. Des fois que.


Ce texte est ma participation aux Sabliers Givrés, grain 3 sur une amorce choisie par saperli.

Place des Vosges

Place des Vosges - © Nick Stenning - CC-BY-SA Lundi, je fus pris d’un grand coup de blues. Alors je suis allé faire un tour du côté de mes balades adolescentes. J'ai pris mon carnet, mon stylo plume et suis descendu me perdre dans Paris.

Je me revois encore à l'époque, déguingandé, mon corps hésitant entre le chérubin moelleux de l'enfance et la force saine de l'âge adulte. J'étais tout en bras et en jambes mais mes joues ne désenflaient pas. Je partais dans Paris, avec l'espoir un peu vain de trouver quelque chose à raconter dans mon journal moleskine, ou mieux encore, quelqu'un qui aurait fait attention à moi l'espace d'un instant. Je me repaissais des femmes aux longues jambes et jupes droites qui arpentaient les rues du 6e, je vibrais au son des musiques qui émanaient des fenêtres du 20e, je lisais Le Bossu de Notre-Dame assis près de la Seine, il me suffisait de lever la tête pour apercevoir les tours de Notre-Dame. Je flânais dans les allées du Luxembourg ou sur la Place des Vosges où je me demandais ce qu'il fallait faire de sa vie pour arriver à habiter l'une des maisons qui l'encadrent.

Je marchais des heures entières, sans jamais prendre le métro ni aucun bus. Lorsqu'il faisait trop chaud, je m'engouffrais dans une salle de cinéma pour me goinfrer d'émotions à l'américaine au frais dans les salles obscures. Je mangeais des popcorns ou un croissant acheté chez Paul, seule entorse que je permettais à mon budget d'étudiant.

J'ai marché jusqu'à l'Hôtel de Ville, ai traversé la Seine pour dire bonjour à Notre-Dame, ai flâné dans le quartier latin. Les femmes ont gardé leurs longues jambes mais elles ne m'émeuvent plus comme avant. J'ai pris le Pont Neuf pour accéder à la Cour Carrée du Louvre. J'ai enfilé le Jardin des Tuileries et ai remonté l'Avenue des Champs Elysées. Arrivé près de l'Etoile, j'ai acheté un billet pour un film d'art et d'essai qui passait au Balzac, un croissant de chez Paul à la main. Paul fait les mêmes croissants, ils coûtent quatre fois plus cher qu'à l'époque et ne sont pourtant plus un objet de luxe pour mon budget de cadre supérieur. J'habite Place des Vosges et qu'ai-je fait de ma vie ?


Ce texte est ma participation aux Sabliers Givrés, grain 2 sur une amorce de Zub dans le billet Nostalgie choisie par Malgven.

Crédits photo : Place des Vosges, Nick Stenning - CC-BY-SA

mercredi 30 avril 2008

A trop écrire on perd l'envie

Je me sens gauche, gauche avec une plume. Si longtemps j'ai écrit, encre bleu-noir sur papier blanc et l'enveloppe en velin doublé, chère au coeur et au toucher. La lettre quotidienne à ACQB, pendant quoi ? Six mois, un an ? Une lettre, une vraie, c'était avant les ordinateurs et les claviers. Les lettres de temps en temps à Taine, celles posées dans les boîtes des amies de classe, les cahiers de souvenirs et les cartes postales. Que je n'ai jamais aimées, les cartes postales, ou jamais vraiment. Trop pauvres en mots, même si souvent la preuve que "j'ai pensé à toi" même au bout du monde, ou au bout de la rue. Puis les cartes de voeux de l'UNICEF, parfois (trop peu souvent) les cartes de veux faites maison, collages et peintures de l'instant.

Alors en attendant que la plume revienne, je joue de l'oeil, ici.

vendredi 20 avril 2007

Lost in translation

Parfois je me rends compte combien mon cerveau est tiraillé entre au moins deux langues.

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lundi 12 mars 2007

Ozymandias, king of kings

Au cours d'une conversation sur la gloire, on m'a fait part de ce poème de Shelley

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jeudi 23 novembre 2006

Les Fabulettes (Des collections - 2)

<ça commence là

Ma marraine s'appelle Marie-Anne. Probablement le premier signe de ces "Anne" qui n'ont cessé de parsemer ma vie.

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mardi 21 novembre 2006

Des collections

Avez-vous remarqué, lorsque vous commencez une collection, disons, de petites boîtes en bois, que tout le monde se précipite pour vous offrir des boîtes en bois, à toutes les occasions possibles ?

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mardi 14 novembre 2006

Spam littéraire

Il m'arrive parfois d'ouvrir les spams, quand j'ai un doute, où quand le sujet accroche mon oeil.

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jeudi 5 octobre 2006

Jogging stick

Her eyes looked to see if she could find a way across. The buldozer was shovelling earth in front of her, stopping her in her mechanical movement.

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samedi 16 septembre 2006

Tu vois, si tu suivais

Ma tentative de participation au jeu chiant.

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mardi 20 juin 2006

Tu crois vraiment que c'est possible ?

Photo d'Alexandre Ticono

Photo Alexandre Ticono, tous droits réservés.

- Tu crois vraiment que c'est possible ?
- Oui Javier, j'en suis certain. J'ai quand même un peu plus d'expérience que toi, non ?
- Oui Api. Mais quand même. Je vois mal comment m'y prendre.
- C'est simple. D'abord, tu observes. Tu t'imprègnes, tu jauges. Tu prends ton temps.
- Oui, bon, d'accord, mais j'ai pas toute la vie devant moi.
- La précipitation ne mène à rien de bon. Si tu vas trop vite, tu n'y arriveras jamais.
- Ca roule, je l'observe et ensuite ?
- Ensuite, quand tu as bien cerné toutes les aspérités, tous les endroits où ça pourrait coincer, tu cherches les prises.
- Les prises ?
- Oui, les prises. Enfin disons plutôt, tout ce qui te permet de l'atteindre sans la maltraiter. Tu dois être doux, tu dois faire attention, sinon, elle te résistera.
- OK. Bon, je la connais assez bien, on a passé un bout de temps ensemble, elle et moi.
- Une fois que tu as bien tout mesuré, tu réfléchis à la meilleure façon de l'aborder.
- Oui, ben c'est simple, j'y vais, je l'attrape et c'est plié.
- Non. Tu dois y penser avant. Si tu essaies de l'attraper sans avoir réfléchi, ça ne peut pas marcher. Il faut imaginer chacun de tes pas, mesurer chacun de tes gestes.
- Je ne suis pas sûr d'en être capable.
- On en est tous capable. Si tu as bien joué la scène dans ta tête avant, c'est plus facile. Tu as un avantage. C'est un peu comme un puzzle. Il faut avoir une vision d'ensemble. Sinon les pièces ne s'emboîtent pas. Tu dois imaginer plusieurs scénarios.
- Donc, je mesure. Donne-moi cinq minutes, que je réfléchisse.
- D'accord.
- Ca commence à se dessiner, effectivement.
- Bien. Si tu as vraiment tout pris en compte, ça devrait aller vite. Bien sûr, tu risques d'avoir des surprises, on ne pense pas à tout. Mais si tu as joué avec les pièces, si tu as vu le film dans ta tête, ça devrait aller tout seul. Tu auras les armes pour prendre les bonnes décisions.
- OK, je me lance. Tu m'aides ?
- Je pense que tu peux le faire sans moi. Je suis trop vieux pour ces choses-là.
- J'y vais alors. Armoire, à nous deux ! Tu vas rentrer dans ce coffre de voiture où je ne m'appelle pas Javier Monteiro !

Ce texte constitue ma participation au Dyptique 2.8 d'Akinou, sur une photo d'Alexandre Ticono.

jeudi 27 avril 2006

Ne pas bouger

Il ne faut pas que je bouge. Si je bouge, c'est fini. Je veux sortir, je veux voir le ciel. Je ne veux pas revoir cette pièce sombre avec pour toute ouverture cette petite fenêtre. La fenêtre. Je veux voir Lucas. Où est Lucas ? Je me souviens. Un peu. Le café, les oiseaux. Et puis la fenêtre de l'appartement.

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mercredi 1 mars 2006

Aux Truies (part II)

Les vrais réguliers étaient peu nombreux. Une dizaine tout au plus, qui était là tous les jours, sans faute. D'autres passaient, plus ou moins régulièrement, qui apportaient leur pierre à l'édifice. Jamais orgueilleux ou égoïste n'avait tenu plus d'une soirée, écœurés qu'ils avaient été par la générosité ambiante. Dans la grande salle, c'était à qui tiendrait la porte, à qui trouverait le meilleur moyen de faire plaisir, à qui aurait le mot le plus gentil pour l’autre et l'on assistait à des scènes parfois comiques de courbettes infinies. "Je vous en prie…vous d'abord", "Non je n'en ferai rien".. Mie appelait ces moments ses "scènes de mime", et riait sous cape à ces ballets incessants de chaises tirées et repoussées pour permettre au voisin de mieux s'installer. On peut imaginer que l'amour indéfectible qui unissait le couple Hendaye était à l'origine de cette générosité ambiante, mais personne ne savait vraiment comment elle s'était installée, et pourquoi.

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lundi 27 février 2006

Aux Truies (part I)

Il était une fois, dans une rue que le soleil n'atteignait qu'une fois par jour, à treize heures douze précises, un tout petit établissement, café-restaurant de son état.

"Aux Truies", car c'était son nom, ne payait pas de mine. On y entrait en poussant une porte bleue délavée par la pluie et grisée par le temps, qui grinçait un peu et déclenchait un "ding" sonore, destiné à avertir les propriétaires de l’entrée d’un client. La salle principale était sobre, meublée de tables rondes à droite, rondes à gauche, carrées au milieu, toutes recouvertes de nappes roses et brunes, aux couleurs de l'enseigne qui pendait au-dessus de la porte. La lumière, dispensée par quelques lampions de papier jaune et gris, ressemblait à celle de l'heure étrange où, entre chien et loup, il devient difficile de distinguer les traits de son interlocuteur.

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